Des voies sur écoute…

Coup de projecteur sur MEEQUAI, un projet de recherche collaboratif qui vise à "écouter" la qualité acoustique de l'infrastructure ferroviaire pour réduire les nuisances sonores à la source.
Des voies sur écoute…

Subventionné par la Banque Publique d’Investissement via le Fond Unique Interministériel MEEQUAI – pour MEsure Embarquée de la QUalité Acoustique de l’Infrastructure ferroviaire – est un projet de recherche collaboratif réunissant la société Vibratec, l’IFSTTAR* et SNCF Innovation & Recherche. Son objectif : développer une solution innovante de mesure des paramètres qui déterminent la qualité acoustique de l’infrastructure (rugosité des rails et atténuation des vibrations dans le rail). « Pour SNCF l’enjeu est loin d’être négligeable, souligne Baldrik Faure, chef de projet acoustique et vibration au sein du département Physique du Système Ferroviaire. Le bruit de roulement des trains est en effet un facteur d’acceptabilité important pour nos activités de fret comme de transport de voyageurs. Et même si nous respectons les exigences réglementaires, le nombre de plaintes enregistrées – plus de 100 par an pour la seule région Ile-de-France – et le coût de traitement des Points Noirs Bruit nous incitent à rechercher des solutions innovantes de réduction des nuisances sonores à la source. »

36 mois de travaux

Lancé en septembre pour une période de trois ans, MEEQUAI s’inscrit dans le prolongement de travaux de thèse qui ont démontré par le calcul la faisabilité d’un tel système de mesure embarqué. « Concrètement MEEQUAI repose sur une démarche de modélisation inversée, poursuit Claire Chaufour, collègue de Baldrik Faure. Cela signifie qu’au lieu de travailler sur des modèles numériques pour simuler et prédire le bruit, nous allons partir de la mesure acoustique – via l’utilisation de microphones en champ proche –  pour remonter à la source et déterminer les différents paramètres de l’émission sonore en tous points du parcours. » L’un des enjeux scientifiques de MEEQUAI est de trouver une méthode d’inversion qui s’adapte automatiquement à tout type de voie, ne nécessitant ainsi aucun processus de calibration préalable.

De l’acoustique à la maintenance ?

À l’issue du développement des méthodes de mesure, des tests seront menés dès l’an prochain sur des véhicules d’essais avant la réalisation d’un démonstrateur industriel en conditions opérationnelles. « Au-delà des nuisances sonores, ce projet est susceptible d’intéresser SNCF à d’autres titres, poursuit Claire Chaufour. En effet les microphones pourraient permettre de capter des informations précieuses sur le l’état des joints et des appareils de voie et ainsi de fournir des outils d’aide à la décision pour les programmes de maintenance ! »

* Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux

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